Entreprises

Pénurie de carburant : l’Union des Entreprises de Moselle a sollicité le préfet de Moselle

Dans son soutien indéfectible et renouvelé au maillage entrepreneurial local, l’Union des Entreprises de Moselle a récemment sollicité le préfet de Moselle quant aux difficultés engendrées par le conflit des carburants pour de nombreuses sociétés du territoire. On fait le point.

Pour entreprises et salariés, la galère dure maintenant depuis plusieurs jours pour se procurer du carburant.
Pour entreprises et salariés, la galère dure maintenant depuis plusieurs jours pour se procurer du carburant.

Depuis bientôt un mois, le conflit des carburants vient mettre une nouvelle difficulté à un contexte qui n’en avait assurément pas besoin. Depuis le début de la crise de la Covid 19, au printemps 2020, se sont ajoutées d’autres crises, la guerre en Ukraine notamment. Cet empilement ne rend assurément pas simple le quotidien des chefs d’entreprise sur nos territoires, confrontés qu’ils sont à un climat inflationniste et à leurs problématiques récurrentes, pour beaucoup d’entre eux, de recrutement. Cela fait beaucoup, même si l’ADN du chef d’entreprise est de savoir faire preuve d’adaptabilité.

Des avancées de bon sens

Il y a quelques jours, l’Union des Entreprises de Moselle, interlocuteur incontournable des dirigeants sur le département, a adressé un courrier au préfet de Moselle, Laurent Touvet. Dans son propos, le président de l’UE57, André Bousser, rappelait la situation quant au carburant : «Nous sommes en effet alertés par un grand nombre de sociétés sur les difficultés d’approvisionnement.» Poursuivant : «Certaines entreprises doivent déjà mettre des solutions pour pallier les difficultés rencontrées par leurs collaborateurs pour se déplacer. Elles doivent aussi, pour certaines, mettre en place des solutions pour réorganiser leur activité, voire sont même contraintes de l’arrêter en ayant recours à l’activité partielle pour leurs salariés.» Concluant : «Pouvez-vous nous préciser quelles sont les solutions mises en place sur le département et les conditions d’application de celles-ci ?» Suite à ce premier courrier, l’UE 57 a de nouveau sollicité le préfet de Moselle, le 13 octobre, quant aux évolutions de cette crise et les blocages persistants de raffineries. Le président André Bousser fait ici le point, se félicitant de réelles avancées, quant à ses précédentes demandes : «Suite à notre lettre du 11 octobre 2022 portant sur la pénurie de carburant, nous avons pu constater la mise en place de mesures visant à interdire la vente et l’achat de carburants dans des récipients transportables manuellement ainsi que la mise en place de files prioritaires dans certaines stations-service de Moselle. Nous tenons ainsi à remercier l'ensemble des services de la préfecture de Moselle pour ces mesures face à la problématique d'approvisionnement qui concerne aussi bien les particuliers que les entreprises.»

Actionner les leviers plutôt que les freins...

Notant : «Nous regrettons cependant que ces mesures n'aient pas été prises dès le début des difficultés suite à une concertation au préalable avec les différentes parties prenantes sur le territoire. Il conviendrait de prévoir un élargissement de la liste des services prioritaires aux personnels des établissements d’aides à la personne (ESMS) ou des services médico-sociaux. Par ailleurs, l'arrêté préfectoral prévoit une dérogation concernant la vente en récipient pour les secteur des espaces verts. Or, il serait utile d’étendre cette dérogation pour les équipements de chantier fonctionnant à l’essence ou gasoil.» La situation sera donc à surveiller de près ces jours prochains. Avec ce constat : un conflit de la sorte, au-delà des revendications des uns et des autres, pénalise d’abord les usagers, les salariés qui vont travailler, et grippe les entreprises et les rouages économiques. Par les temps présents, incertains, pas sûr qu’ajouter de la difficulté à la difficulté soit très opportun… En Moselle, comme ailleurs, des femmes, des hommes, font le pari humain et économique de l'entrepreneuriat. Il est là sans doute plus constructif de leur donner les leviers - et ils sont nombreux sur le département - pour réussir leur aventure - car cela en est une de «monter sa boîte» et de la faire durer - plutôt que de multiplier freins et obstacles qui ralentissent leur initiative et peuvent la mettre en danger, et, de surcroît, les emplois qu'elle peut générer, emplois directs et indirects. Du bon sens, du raisonnable, de l'apaisement, du discernement... Un quatuor salvateur...