Gazettescope

Le mal de dos, fléau sous-estimé des télétravailleurs…

Alors que les troubles musculo-squelettiques (TMS) sont aujourd’hui en tête des maladies professionnelles les plus répandues, il s’avère que le mal de dos, dans un monde du travail post-Covid s’accentue. Notamment avec le généralisation du télétravail. C’est la constatation inquiétante d’une étude menée auprès des salariés français par la start-up Percko, dédiée à cette problématique de santé publique. À l’approche de la Journée de la sécurité et de la santé au travail, le 28 avril, les résultats font réfléchir. La Gazettescope s’est penchée sur les grands axes. L’occasion de donner quelques repères et clés à la sphère entrepreneuriale mosellane.

Ne plus tendre à la banalisation du mal de dos...
Ne plus tendre à la banalisation du mal de dos...

Réalisé par l’Ifop pour la star-up Percko auprès d’un échantillon de 1 004 personnes, représentatif de la population des salariés français, ce panorama des souffrances physiques dans le monde du travail met en exergue l’importance des maux de dos dans un salariat qui tend souvent à sous-estimer ce trouble alors même qu’il peut impacter lourdement leur vie professionnelle et personnelle. Et s’il affecte toujours différemment les Français selon leur genre, leur morphologie ou leur type d’emploi, force est de constater que le mal de dos semble être aujourd'hui aggravé par le télétravail au point que les salariés appellent à une meilleure prise en charge des équipements des télétravailleurs par leur entreprise.

Personne n'est épargné...

La prévalence du mal de dos est un problème de santé publique incontournable. L’immense majorité des salariés français (86 %) a déjà souffert de troubles musculo-squelettiques, surtout les femmes (90 %) et les catégories populaires (88 %). Le mal de dos est le TMS disposant de la plus forte prévalence chez les salariés français, affectant plus des deux tiers d’entre eux, loin devant les épaules, la nuque, les genoux, les poignets, les coudes. Il apparaît là que les douleurs liées aux TMS sont massivement attribuées au travail, en particulier par les télétravailleurs à temps complet, les ouvriers, les travailleurs manuels et les salariés souffrant du dos quotidiennement. Le mal de dos affecte un tiers du salariat au moins une fois par semaine, notamment les femmes, les employés et les ouvriers. Il n’est pas l’apanage des travailleurs manuels et touche aussi largement les télétravailleurs à temps complet. Perçu à tort comme bénin, le mal de dos impacte la vie professionnelle des salariés, surtout celle des télétravailleurs et des plus pauvres. La moitié des salariés souffrant du dos ont notamment déjà rencontré pour cette raison des difficultés à faire des tâches et missions professionnelles.

Urgence à agir

Cette souffrance est encore relativisée, pour ne pas dire tabou : la proportion de salariés à qui il est déjà arrivé de ne pas oser demander un arrêt de travail en raison d’un mal de dos alors qu’ils auraient dû (42 %) est supérieure à celle (34 %) de ceux ayant effectivement demandé un arrêt de travail en raison d’une telle souffrance. Les personnes en situation de précarité sont celles qui demandent le moins à arrêter le travail pour cause de mal de dos quand ils le devraient : il est déjà arrivé à la majorité - 60 % - des salariés pauvres de ne pas oser le faire. Au-delà du travail, le mal de dos est également un facteur de dégradation de l’état de santé physique et psychologique d’une large proportion de salariés. Il nuit également à la vie sociale et la vie sexuelle de fractions non négligeables du salariat. Une majorité de télétravailleurs estiment insuffisante la participation de leur entreprise à l’achat de matériel ergonomique. Les salariés sont également très partagés concernant sa participation à l’achat de matériel sur leur lieu de travail (47% la jugent insuffisante). Enfin, les trois quarts des salariés souhaitent que les entreprises financent des sièges de qualité aux télétravailleurs, avis surtout partagé par les plus concernés : télétravailleurs à temps partiel ou encore cadres et salariés des catégories aisées. Cette étude menée par Percko est à mettre en relief avec une similaire menée pendant le premier confinement. Laquelle avait montré une augmentation du mal de dos lors du télétravail généralisé, notamment parce que les équipements que l’on a à la maison sont souvent peu ergonomiques et peu adaptés à de longues plages horaires et des journées de travail successives. À l’heure où l’on parle de bien-être et de promotion de la santé au travail, une accélération des solutions serait la bienvenue. En somme, passer des paroles aux actes… La santé du salarié est d’abord une affaire de femmes et d’hommes en souffrance souvent. Cela ne saurait se réduire à telle ligne ou variable budgétaire, à un tableau ou graphique de rentabilité...