Territoires

La compétition économique du FC Metz

On pensait - peut-être - que la période Covid-19 ferait changer la donne quant à la folle ascension du football business. Il n’en a rien été. Au contraire. Dans une spirale infernale, l’écart se creuse entre les clubs aux budgets dopés par les investisseurs du golfe Persique et les autres. Entre déraisonnable et indécence quant aux sommes en jeu. À l’heure de la reprise, ce week-end, de la Ligue 1, comment situer le FC Metz dans cette guerre économique ? Entre une gestion en forme de bulle financière qui explosera un jour et un mode de gestion moins spectaculaire, mais sans doute plus viable sur le long terme, le club messin trace sa route. Question de valeurs. Celles d’un club, d’un département.

Bien sûr, il y a la compétition sportive. Et nous sommes heureux de revoir le FC Metz en Ligue 1. Il débutera ce dimanche 13 août à Rennes sa saison. Avant de recevoir Marseille, le vendredi 18, pour sa première au stade Saint-Symphorien. Le club à la couleur grenat entame également une autre compétition : elle est économique. Avec un budget avoisinant les 50 M€, le FC Metz se situera dans les normes qu’il a connu ces dernières années, entre 2019 et 2022, quand il faisait déjà partie de la Ligue 1. En milieu de tableau budgétaire. Dans l’Hexagone, depuis l’arrivée des investisseurs qataris, devenus propriétaires du Paris Saint-Germain, nous sommes entrés dans des sphères que jamais notre football n’avait connu. Pour cette saison, le budget du PSG sera de quelque 700 M€. Plus de 400 M€ de différence entre ses deux dauphins sur ce volet financier, Lyon et Marseille, émergeant chacun à 250 M€. Symbole de ce vertigineux ascenseur, le salaire de la star parisienne, Kylian Mbappé : 72 M€/an. Récemment, il s’est vu proposer des émoluments à 700 M€/an par un club d’Arabie Saoudite.

Un football professionnel fragile

Le football professionnel, de par le monde, a atteint ces dernières années les frontières de la démesure dans cette folle et sidérante course aux moyens toujours de plus en plus importants. Déjà trop conséquents avant la pandémie, le poids de la rémunération des acteurs du jeu ne cesse de s’alourdir. Le salaire moyen d'un joueur de football en Ligue 1 est de 100 000 € mensuel brut. Sans les salaires du PSG, qui dérèglent l'économie et les calculs des clubs français, la moyenne chute à 67 000 € par mois. En ce qui concerne le salaire médian (50 % des joueurs gagnent moins que cette somme, et l'autre moitié gagne plus), celui-ci serait de 40 000 € brut mensuel. Conséquence directe de cette inflation galopante : un nombre croissants de clubs professionnels se mettent en danger financier. On l’a vu durant cet été avec les passages annuels devant la direction nationale de contrôle de gestion (DNCG) avec les situations abracadabrantesques de Sochaux, Sedan, Nancy. Un budget non validé, une rétrogradation administrative : tout cela tient aujourd’hui pour un club d’une catastrophe industrielle, avec un tsunami en termes d’emplois et d’attractivité pour un territoire. On se situe là loin du simple champ sportif.

Entreprise de spectacle

De plus en plus souvent, les clubs voient leurs masses salariales dépasser le produit de l’activité, hors mutations de joueurs. Ils doivent compter sur les bénéfices, sur le marché des transferts, pour équilibrer les comptes. Gardons toujours cet élément en tête : un club pro est en 2023 une entreprise de spectacle. La saison passée, en Ligue 2, le FC Metz se situait au 3e rang des affluences, derrière Saint-Etienne et Bordeaux, avec une affluence moyenne de 15 802 spectateurs par match, pour une capacité commerciale de 27 153, soit un taux de remplissage de 58,2 %. La Ligue 1, plus attractive, devrait booster cette donnée. De toutes les manières, cela ne changera rien à la gestion du club. On n’est pas ici habitué à faire des folies et à sortir des clous financiers. Question de valeurs sans doute… et de moyens. Un maintien confirmerait la méthode, une relégation ne serait pas un cataclysme. Même, si à vrai, dire, on a quand même une préférence pour le scénario qui verrait le FC Metz être sur la ligne de départ de la Ligue 1…  2024-2025.