Entreprises

Au CERM : quel emploi pour les seniors ?

La thématique mensuelle du Club Entreprises Rives de Moselle est consacrée à la «génération Silver». Avec un P’tit Déj articulé autour de l’emploi des seniors. Sujet on ne peut plus d’actualité. Rendez-vous le jeudi 18 avril pour une matinale dans les locaux d’OCI Informatique à Norroy-Le-Veneur.

Valoriser le savoir-être et le savoir-faire des seniors dépasse largement le cadre de l'entreprise : c'est une question sociétale qui interroge notre modèle de vivre ensemble.
Valoriser le savoir-être et le savoir-faire des seniors dépasse largement le cadre de l'entreprise : c'est une question sociétale qui interroge notre modèle de vivre ensemble.

Le débat autour du report de l’âge de départ à la retraite a fait rejaillir les problématiques de maintien et d’accès à l’emploi des seniors. Selon la Dares, le taux d’emploi des travailleurs de 55 à 64 ans est passé de 32 % au début des années 2000 à 56 % aujourd’hui. S’il n’a cessé d’augmenter en 20 ans, il reste cependant inférieur à la moyenne européenne. Si l’employabilité des seniors est un défi à relever, c’est aussi une question sociétale. En réalité, la catégorie professionnelle des seniors demeure assez floue. Avec un âge pivot variant entre 45 et 55 ans. Si le ministère du Travail a fixé l’âge de 45 ans pour inciter les entreprises à anticiper la retraite et à mettre en place des mesures spécifiques, il s’agit avant tout de l’âge qui fait entrer le salarié dans la seconde partie de sa carrière.

Le rapport au travail

Alors que l’on vit de plus en plus longtemps, que l’on rentre de plus en plus tard dans le monde du travail et que la question du report de l’âge à la retraite est posée (pas seulement avec la récente réforme, mais à plus long terme), comment expliquer que 45 ans soit devenu une référence employeur qui assimile la deuxième partie d’une carrière à son déclin voire à sa fin ? C'est assurément une spécificité hexagonale. Parallèlement, on constate une tendance à valoriser les jeunes talents qui semble mener à la confusion entre jeunesse et talent. En effet, alors que les collaborateurs acquièrent de l’expérience et de la confiance en leurs compétences avec l’âge, ils n’en sont pas pour autant moins force de proposition et source d’innovation. Les stéréotypes liés à l’âge empêchent trop souvent les entreprises de bénéficier pleinement des atouts de chaque génération et de la valeur ajoutée que constitue leur coopération. Bien sûr, le rapport au travail diffère selon les professions mais reste bien souvent source de réalisation personnelle. Qu’il soit plutôt physique, manuel ou intellectuel, les individus trouvent dans leur travail un sentiment d’utilité et d’épanouissement.

Risque social et économique

Toutefois, reste la question des perspectives de carrière. Les seniors sont une source de savoir et de savoir-faire pour leurs collègues plus jeunes auxquels ils peuvent transmettre. Il faut donc prendre conscience de la nécessité de leur garantir des perspectives dans leur vie professionnelle, afin de s’adapter à leurs compétences et leurs capacités au fil du temps et jusqu’à la fin de leur présence au travail. Néanmoins, les seniors confrontés à une forte pénibilité ou souhaitant se reconvertir doivent pouvoir le faire et y être encouragés. Fermer les portes de l’évolution ou de la reconversion à un senior est un frein à son épanouissement professionnel, or il s’agit d’une des clés de l’engagement et de la productivité. Par ailleurs, le fait que les travailleurs seniors soient poussés vers la retraite anticipée ou plus facilement touchés par le chômage de longue durée comporte un risque non seulement social, mais aussi psychologique et économique : social car ce chômage subit créé de l’isolement, psychologique car la difficulté du retour à l’emploi pour un senior est réelle et que cela peut créer une souffrance, et économique car pour la majorité des travailleurs, leur travail est un moyen de vivre décemment.

Replacer l'humain au cœur de l'entreprise

Dès lors, il est primordial de garantir un égal accès à l’emploi, notamment dans cette période où l'âge de la retraite est reporté, et le sera sans doute encore dans les années à venir, que la population est vieillissante et qu’ainsi, les seniors seront de plus en plus nombreux sur le marché du travail. La période pandémique a accéléré, comme un révélateur en forme d'introspection individuelle et collective, un changement de paradigme quant à la place du travail dans notre société et interrogé l’entreprise quant à son impact sociétal dans les transitions qui nous bousculent et nous obligent. On ne sait pas si cela est «le monde d'après», mais, dans ce domaine, comme dans d'autres, plus rien ne sera comme avant. Ce bouleversement est en train de replacer l’humain au cœur de l’entreprise de demain. Ainsi, la question de l’inclusivité au travail, ne saurait être complète si elle n’incluait pas la problématique de la discrimination sur le critère de l’âge. La dynamique actuelle est à la quête de sens. Le monde de l’entreprise de demain devra offrir à chacun la possibilité de se réaliser dans son travail. Lequel ne saurait continuer à être assimilé à une contrainte : celle de rester pour le collaborateur, ou celle de garder pour l’entreprise. Si les seniors ont tout autant leur place dans le monde de l’entreprise que les plus jeunes, il en va aussi de la santé d’un pays que d’accorder à chacun sa place au travail. Ce mouvement majeur, cette tectonique des plaques entrepreneuriales n’est pas une tendance mais une authentique lame de fond. C’est dans ce contexte que le Club Entreprises Rives de Moselle organise le jeudi 18 avril, de 8 h 30 à 10 h, une matinale autour de cet emploi des seniors. Elle sera animée par Véronique Arcade, directrice des Ressources humaines externalisée. Elle accompagne depuis plus de deux décennies les dirigeants de PME/TPE sur les nombreuses problématiques RH. Le propos promet d’être éclairant. Il sera, dans les débats du moment, à son échelon local, un bon aiguillon pour les participants quant à leur politique d’entreprise quant aux seniors.