Un secteur dynamique, mais en proie à des difficultés

Une récente étude menée par le cabinet Xerfi, pour le compte d'Ateliers d'Art de France, dresse le panorama d'un secteur économique qui regroupe 38 000 entreprises réalisant un chiffre d'affaires de 8 milliards d'euros. L'enquête pointe aussi les problématiques rencontrées par ces petites structures.

Les Métiers d’Art, un secteur qui pèse 8 milliards d’euros de chiffre d’affaires en France.
Les Métiers d’Art, un secteur qui pèse 8 milliards d’euros de chiffre d’affaires en France.
Les Métiers d’Art, un secteur qui pèse 8 milliards d’euros de chiffre d’affaires en France.

Les Métiers d’Art, un secteur qui pèse 8 milliards d’euros de chiffre d’affaires en France.

Costumiers, ébénistes, archetiers ou brodeurs… des arts du spectacle, aux instruments de musique ou au textile, les métiers d’art sont d’importants acteurs de l’identité française. Fruit d’un savoir-faire reconnu, ces entreprises participent au rayonnement culturel de la France dans des domaines très divers, soit 217 disciplines réparties en 19 secteurs. L’enquête nationale menée par le cabinet d’études économiques Xerfi, pour le compte du syndicat professionnel Ateliers d’Art de France a été réalisée auprès de 359 chefs d’entreprise exerçant leur métier et leur passion dans ce domaine. Elle apporte un éclairage sur ce secteur particulier de l’économie.

Secteur des très petites entreprises

Le secteur est composé de petites entités, selon l’étude : 80 % des ateliers d’art emploient moins de 5 salariés et 54 % sont des structures unipersonnelles. Une taille qui pose certaines difficultés, notamment, pour répondre aux appels d’offres publics ou facturer leurs prestations à un prix couvrant leurs coûts de production importants. Ainsi, 61 % des sociétés unipersonnelles ne réalisent aucune activité de prestation sur les marchés publics, contre 27 % pour les structures de plus de 5 salariés. Enfin, les labels, comme «Entreprise du patrimoine vivant» sont des gages de qualité et ont un effet positif sur le volume d’activité. Ainsi, près de 40 % des entreprises réalisant un chiffre d’affaires supérieur à 250 000 euros possèdent au moins un label.

Création et restauration, formule gagnante
«76 % des entreprises de métiers d’art qui exercent sur le marché de la restauration pratiquent également sur le marché de la création», indique l’étude. Près d’un tiers des entreprises présentes sur ces deux activités ont constaté une augmentation de leur activité depuis 2009, contre seulement 20 % des entreprises présentes uniquement sur le créneau de la restauration. Pour Xerf, l’image véhiculée par leurs créations permettrait aux entreprises de remporter des contrats de restauration, notamment, à l’étranger. De ce fait, il existe une réelle complémentarité entre la création et la restauration qui favoriserait le dynamisme de ces sociétés d’art.

Renouvellement des générations
Autre enseignement, le secteur des métiers d’art fait preuve d’une réelle dynamique ces dernières années. La moitié des structures ont été créées depuis les années 2000, dont 61 % par des personnes âgées de moins de 50 ans. Par ailleurs, on assiste à une féminisation de la profession, les femmes représentent la moitié des moins de 50 ans contre seulement un quart des plus âgés. Cette nouvelle génération, davantage formée et connectée sur les réseaux sociaux, apprécie travailler en réseau avec d’autres artistes. Ces nouveaux venus dans le secteur des métiers d’art se trouvent être aussi plus optimistes que leurs aînés avec 40 % des 25- 34 ans qui prévoient une augmentation de leur chiffre d’affaires en 2015, contre seulement 18 % chez les plus de 50 ans. Autre caractéristique de ces passionnés d’art, leur attachement à la profession. L’enquête montre que 74 % des dirigeants d’ateliers d’art sont à la tête de leur entreprise depuis sa création. Phénomène paradoxal, la transmission du savoir n’est pas évidente à la vue de la réticence affichée par les dirigeants (95 %) sur l’embauche d’un apprenti. Les raisons sont multiples, mais les chefs d’entreprise avancent à 43 % le coût engendré pour leur entreprise, comme le principal frein.

Baisse de la commande publique
L’étude constate l’émergence d’un environnement anxiogène «71 % des répondants ont affiché une baisse ou une stabilité de leur activité depuis 2009. Le pessimisme reste de mise dans le secteur du patrimoine», annonce l’étude. Cette inquiétude est particulièrement forte chez les acteurs intervenant uniquement dans la restauration du patrimoine. Ce pessimisme augmente proportionnellement avec le poids du chiffre d’affaires réalisé sur les marchés publics où la baisse des dotations de l’État a des conséquences fortes sur les investissements réalisés par les collectivités.

alban.le.meur