«Il faut que l’équipe Vosges gagne tous les matchs !»

«Il faut que l’équipe Vosges gagne tous les matchs !»

«Osons nous revendiquer Vosgiens et trouvons les alliances nécessaires !», assure Michaël Zenèvre (au centre), le président de la CGPME des Vosges.

La CGPME des Vosges a tenu son assemblée annuelle le 7 mars à Épinal. Avec 415 adhérents, le syndicat vosgien s’affiche comme le plus dynamique de la grande Région. En 2016, la CGPME la jouera collectif, européen et positionnera les Vosges dans la Région Acal. 

Avec la grande Région, la CGPME doit intégrer une nouvelle dimension. «Il faut prendre la mesure de ce nouvel espace et constituer de nouveaux repères. C’est un changement majeur de notre cadre de référence», reconnaît Michaël Zenèvre, président de la  CGPME. La concurrence est rude, chacun veut tirer son épingle du jeu. «Nous sommes la région du champagne et c’est magique dans le monde entier. Nous sommes européens de fait avec tous nos territoires frontaliers et si les Vosges ne représentent que 7 % de la Région, nous sommes le département  le plus important des six petits ! À ce titre, nous pouvons peser si nous savons mobiliser ! Ce ne sont pas toujours les plus gros qui ont le dernier mot mais ceux qui contribuent à faire des majorités». Les Vosges appartiennent désormais à une grande région, elles comptent 10 départements avec une population de 5,5 millions d’habitants et la CGPME entend y tenir sa place. «Osons nous revendiquer Vosgiens et trouvons les alliances nécessaires !».

Le projet de loi El Khomri

«Tous les gouvernements parlent de simplifier les règles, mais le projet El Khomri qui risque de passer à la trappe, prouve qu’il est complexe de le faire. Il faut réformer ! Il faut de la souplesse, de la flexibilité pour les entreprises. Qu’on arrête de dire que les patrons s’en mettent plein les poches ! Les chefs d’entreprise ont souvent été les premiers à se serrer la ceinture ! Ils prennent des risques pour embaucher. La loi El Khomri leur permettait d’arrêter le contrat, si l’activité n’était pas à la hauteur. Le deuxième point intéressant, était la limitation des indemnités prud’homales». Mais ces deux mesures sont remises en cause. Michaël Zenèvre suggère de collecter des signatures «pour» la réforme, histoire de faire entendre la voix des chefs d’entreprise ! «Nous avons manifesté à Paris en 2015, mais nous n’avons pas vu l’application de ce qu’on nous a promis. Il est urgent qu’on nous simplifie la vie ! Il faut nous libérer des chaînes qui nous entravent».

L’emploi, c’est nous qui le faisons

À l’avenir, maîtriser le numérique est un passage obligé. La CGPME se propose d’accompagner les entreprises à être présentes sur le Net et à développer l’export sur 8 à 10 destinations. La solution serait de développer des plateformes de commandes Internet et d’acheter le produit localement. «L’emploi, c’est nous qui le créons et on peut le faire si nous sommes solidaires de notre territoire.» Enfin, la CGPME souhaite mettre en place une plateforme de travail partagé pour permettre aux PME de s’offrir les compétences nécessaires à sa progression, même si ce n’est que quelques heures par semaine ou par mois. Elle veut également aller plus loin dans les collaborations avec les écoles et l’enseignement supérieur pour avoir des formations adaptées aux besoins. Enfin, le développement durable apparaît comme un formidable levier de création d’emplois, et la CGPME compte bien en jouer, tout en soutenant le commerce de proximité et des transports en commun performants. «Plus personne n’en parle, mais il faut absolument ouvrir la liaison vers le Sud.» Quant à la gare TGV de Vandières, il ne l’a pas enterrée ! «Il faut se battre pour avoir cette gare !». Pour le reste, les actions se poursuivent et se développent pour réfléchir à plusieurs têtes et s’informer. «Nous devons fédérer et agir. Donner de nouvelles valeurs, des orientations claires, c’est pour cela qu’on se bat ! Et si on est critiqué, c’est peut-être qu’on n’est pas si mauvais…»

brigitte.boulay