Entreprises

Les petites entreprises mosellanes impactées par la précarité énergétique

La hausse des coûts de l’énergie touche directement le tissu local des entreprises, dont beaucoup sont fragilisées par cette crise qui s’ajoutent aux autres subies depuis l’apparition de la Covid-19. C’était au printemps 2020. Un temps bien long depuis pour pléthore de chefs d’entreprise qui doivent s’adapter en permanence. Quant au soutien des TPE, l’u2p Moselle demande des mesures concrètes. Et urgentes.

La hausse des coûts de l'énergie pénalise un nombre important de commerces de proximité et laisse planer le doute sur la pérennisation de leurs activités.
La hausse des coûts de l'énergie pénalise un nombre important de commerces de proximité et laisse planer le doute sur la pérennisation de leurs activités.

«C’est l’histoire d’un artisan boucher qui a été informé par son fournisseur d’énergie habituel que son contrat proposant le coût du MW/h à 43 euros prendrait fin le mois suivant. Une quinzaine de jours plus tard le chef d’entreprise contractait avec EDF pour un coût de 168 euros le MW/h. Une nouvelle quinzaine de jours plus tard, le 17 octobre dernier, et après avoir subi une coupure de gaz, l’artisan boucher recevait un nouveau contrat établissant le coût du MW/h à 290 euros.» Ce vécu s’est déroulé à Nevers, en région Bourgogne Franche-Comté, et a été rapporté par l’u2p (Union des entreprises de proximité). Cet exemple présente bien des similitudes avec des situations similaires subies en Moselle par nombre de dirigeants de petites entreprises, lesquelles restent les plus fragiles dans le climat de crises à répétition et d’incertitudes économiques actuels.

Urgence à agir

On le sait, l’u2p est par les temps présents très active pour faire remonter jusqu’au plus haut sommet de l’État les difficultés de cette économie de proximité qui souffre. Elle est aussi force de propositions. Ainsi, son message et ses initiatives sont relayées par ses représentations locales sur les territoires. Dans le département, l’u2p Moselle a ce rôle de relais et de sensibilisation auprès des élus locaux, parlementaires particulièrement, lesquels composent les leviers de la législation. À propos du cas du boucher pré-cité, l’u2p note : «Il est révélateur de l’extrême précarité dans laquelle se trouvent les petites entreprises, singulièrement celles qui sont en renouvellement de contrat avec les opérateurs d’énergie. Il y a urgence à agir pour éviter que ces chefs d’entreprise ne jettent l’éponge définitivement, sachant qu’ils sont souvent dans l’impossibilité de répercuter intégralement les hausses de tarifs sur leurs prix de vente, malgré les encouragements du gouvernement à le faire.» Poursuivant son propos : «C’est pourquoi l’u2p, au nom des 120 organisations professionnelles qu’elle fédère, demande au gouvernement de prendre sans délais les mesures suivantes : ouvrir le bouclier tarifaire à toutes les entreprises de moins de 20 salariés quel que soit leur niveau de consommation d’énergie (le bouclier est aujourd’hui réservé aux entreprises de moins de 10 salariés consommant moins de 36KVa) ; simplifier radicalement l’aide qui permet de compenser les coûts énergétiques pour les entreprises dont les consommations d’énergie représentent au moins 3 % de leur chiffre d’affaires, en commençant par ne plus se référer à l’année 2021 mais au mois ou au trimestre précédent.» Concluant : «De façon plus structurelle, l’u2p soutient le gouvernement dans sa démarche auprès de l’Union européenne en vue de décorréler les prix d’achat du gaz et de l’électricité.» Dans les semaines à venir, il faudra suivre avec attention l'évolution de cette mosaïque entrepreneuriale à l'échelon mosellan et les effets des mesures gouvernementales à venir pour amortir ce choc énergétique et économique, dont on ne mesure sans doute pas encore les effets systémiques dans un temps long.