Iltet en pleine croissance

Les tétines Bioteet visent à réduire les troubles orthodontiques.
Les tétines Bioteet visent à réduire les troubles orthodontiques.

Les tétines Bioteet visent à réduire les troubles orthodontiques.

Depuis sa genèse en 2006, la start-up nancéienne Iltet connaît un succès croissant. Elle développe une gamme de produits de puériculture, biberons et tétines, innovante et éco-responsable. Sa réussite passe pour une part majeure hors de nos frontières hexagonales. Son fondateur, François Favé-Lesage, guide son entreprise avec pragmatisme.

Iltet est née d’un constat professionnel fait par deux chirurgiens-dentistes il y a une décennie maintenant : le docteur François Favé-Lesage, fondateur de l’entreprise et spécialiste dans l’étude des rapports entre les mâchoires, et le docteur Étienne Leroy, thèsé en soins dentaires pour les enfants. Leur analyse était la suivante : en matière de santé bucco-dentaire, le taux des traitements orthodontiques (correction de la mauvaise posture des mâchoires) chez les enfants et les adolescents, était particulièrement élevé. Les deux spécialistes en ont déterminé une cause : l’allaitement artificiel, dit au biberon. Avec des études médico-scientifiques concordantes à l’appui : les troubles orthodontiques sont plus de deux fois supérieurs chez les enfants allaités pendant moins de trois mois. Plus l’allaitement est long, plus la prévalence des malocclusions est basse. L’utilisation des tétines et autres sucettes conduit à un taux supérieur de 30 % des troubles de l’articulé des mâchoires à l’âge de 3 ans et de 70 % chez les 12-17 ans. François Favé-Lesage, aujourd’hui pilote de l’aventure Iltet, évoque les débuts de cette aventure entrepreneuriale : «Après plusieurs années de recherche, nous avons lancé une tétine brevetée, allant de pair avec une croissance dentaire équilibrée de l’enfant : Bioteet. Avec également un biberon en verre ou en polypropylène adapté.» lltet va vite convaincre, tant par son côté novateur, que par sa détermination à s’inscrire dans une démarche de santé publique, et, qui plus est, d’éco-responsabilité, avec une fabrication 100 % française. Ces tétines et ces biberons nouvelle génération sont bientôt distribués en grandes surfaces spécialisées et en pharmacies.

La tétine planétaire Dès les premiers pas d’Iltet, François Favé-Lesage est convaincu d’un fait, comme il l’explique : «Nous nous situions sur un marché de niche avec des perspectives d’évolution trop étroites en France.» Logiquement, il concentre son énergie sur l’export, persuadé que la chance d’essor de la nouvelle entité se trouve là. La suite lui donne raison et va se révéler être une opportunité fructueuse. Fin 2012, le salon international de la puériculture de Cologne en Allemagne est une étape cruciale pour une première reconnaissance d’Iltet. Au printemps 2013, un concours de circonstance mène François Favé-Lesage dans une direction exportatrice à fort potentiel et qui, là aussi, se concrétise : la Chine. De fil en aiguille, Iltet acquiert une certaine aura, densifie son réseau et tisse sa toile au niveau mondial, dans une ambition cohérente et mesurée. Ses produits de haute qualité et d’éthique rassurent et montrent leur efficacité auprès des mères de nouveau-nés utilisatrices. Plus récemment, c’est du côté du Sultanat d’Oman, dans le golfe arabo-persique, que la start-up a tracé un nouveau sillon de son déploiement. François Favé-Lesage n’entend pas s’arrêter en si bon chemin, comme il l’indique : «D’autres pistes existent. Bien avancées ou encore en négociation comme la Norvège ou les Pays Baltes. Je pars sous peu au Canada, pour une formation quant à mon métier de chirurgien-dentiste. Je vais sonder sur place si quelque chose peut-être intéressant là-bas pour Iltet.» La société réalise à présent 75 % de son chiffre d’affaires à l’export. Avec un slogan en forme d’étendard et évocateur d’une certaine philosophie : «Iltet, la vie à belles dents».

laurent.siatka