Entreprises

En 2022, les salaires ont augmenté plus vite que l’inflation

Dans un contexte inflationniste et face aux difficultés de recrutement, il apparaît que les dirigeants de TPE/PME ont en très grande majorité soutenu l'an passé le pouvoir d’achat de leurs salariés en augmentant les salaires. C’est ce qui ressort d’une étude réalisée par le Cercles Perspectives. Des chiffres allant de pair avec cette analyse de l’Insee mesurant une hausse régulière des salaires depuis 20 ans. Les chefs d’entreprise de la Moselle ont ici un bon baromètre pour jauger de leur propre situation et action en la matière et des marges dont ils disposent. Non, notre pays n’est en train de tiermondialisé…

C'est une réalité, pas toujours perçue comme telle : en 2022, les augmentations de salaire ont été nombreuses dans nos TPE/PME.
C'est une réalité, pas toujours perçue comme telle : en 2022, les augmentations de salaire ont été nombreuses dans nos TPE/PME.

Voilà des statistiques allant à contre-courant de la pensée courante. L’an passé, les salaires ont augmenté en France de +5 ,49 % en moyenne, entre décembre 2021 et janvier 2023, dans nos TPE/PME. Un chiffre supérieur à celui de l’inflation en 2022 (+ 5,2 %). C’est ce qui ressort de l’étude relative à la situation de 364 926 salariés réalisée par le Cercle Perspectives. Un cercle de réflexion regroupant les 19 cabinets d’expertise comptable les plus importants en France. En Grand Est, les salaires ont progressé l’année dernière de + 6,50 %. Cette convergence des salaires vers les niveaux franciliens est l’une des conséquences de la crise de la Covid-19 qui a conduit à renforcer l’attractivité des métropoles. L’Eurométropole de Metz, particulièrement dynamique et attractive sur de nombreux paramètres, fait partie de ces pôles ayant le vent en poupe.

Du ressenti à la réalité...

Les données fournies par le Cercle Perspectives nous en rappelle, dans le même ton, d’autres émanant de l’Insee. L’organisme notait dans l’une de ses études parues durant la dernière campagne présidentielle que le pouvoir d’achat net dans le secteur privé avait progressé de + 13,7 % entre 1996 et 2018. Sur la même période, les salaires ont été dans une tendance haussière de + 0,6 %. On parle ici de salaires corrigés de l’inflation. Dans le contexte actuel d’un climat social tendu, il est bien de différencier ce qui tient de la statistique réaliste, et, de la fantasmagorie des analyses dans l’air du temps. Si l’on peut bien sûr juger que cela est insuffisant, le pouvoir d’achat des salariés a bel et bien progressé depuis deux décennies. Quant aux salaires, ils ont toutefois augmenté à un rythme beaucoup moins soutenu sur les quarante dernières années. L’Insee indiquait qu’ils ont été multiplié par trois entre la fin de la seconde Guerre mondiale et le début des années 1980, passant de 613 € en moyenne à près de 1 900 €, avant un ralentissement à partir du second choc pétrolier en 1978. Ont suivi un tassement de la croissance, l’augmentation du chômage, l’apparition des contrats courts et le développement du temps partiel : comme autant de freins.

Augmenter les salaires pour garder les talents

Ce panorama général ne permet pas de conclure que tous les salaires ont augmenté. Bien au contraire. On sait qu’au court des dernières décennies, la part des cadres parmi les salariés a énormément augmenté. Or, ces derniers sont mieux rémunérés. Cela expliquerait pour moitié la hausse du salaire moyen depuis 1996, et, pour l’autre moitié, l’évolution des salaires à catégorie socioprofessionnelle et secteurs donnés. Revenons à l’étude du Cercle Perspectives. Plusieurs éléments majeurs s’en dégagent. Les salariés non-cadres ont vu leur salaire progresser plus rapidement (+ 5,67 %) que les cadres (+ 4,40 %), notamment sous l’effet de la triple revalorisation du SMIC sur la période (+ 0,9 % au 1er janvier 2022, + 2,65 % en mai 2022 et + 2,01 % en août 2022), qui a conduit à revaloriser les salaires proches du salaire minimum. Autre enseignement, la situation des femmes. Structurellement moins bien rémunérées, à compétences égales, que les hommes, elles ont bénéficié d’un léger effet de rattrapage avec une augmentation de salaire de + 5,66 % contre + 5,35 % pour les hommes. Enfin, en 2022, les secteurs confrontés aux plus importantes difficultés de recrutement, dits métiers en tension, ont consenti à davantage d’efforts pour attirer ou converser leurs collaborateurs : transport (+ 7,17 %), hôtellerie-restauration (+ 6,35 %). Plusieurs secteurs ont revalorisé les salaires moyens sur des taux supérieurs à l’inflation : commerce, réparation d’automobiles et de motocycles, activités de services administratifs et de soutien aux entreprises, information et communication, activités financières, bancaires et d’assurance. D’autres se situent en deçà : construction, arts et spectacles, enseignement et activités immobilières. Cette dynamique est amenée à se poursuivre, toujours avec cet effet levier de la couronne parisienne et des métropoles.